Le dolmen et tumulus de Barbehère : un voyage dans la préhistoire médocainne.

Remontons le temps, 5000 ans environs! C’est ce que propose le site archéologique de Barbehère, situé sur la commune de Saint-Germain-d’Esteuil. Moins connu que les vignobles alentour, ce lieu offre un aperçu de la vie et des rites funéraires de nos ancêtres.

Dirigeons nous au cœur des bois paisibles où se cache ce trésor préhistorique : le dolmen de Barbehère, aussi appelé allée couverte du Bois Charnier. Ce monument mégalithique, vieux de près de 5000 ans, nous relie aux premiers bâtisseurs de l’humanité. Ce site a été utilisé par plusieurs cultures néolithiques.

Tumulus et bois

Le site de Barbehère est remarquable car il réunit les deux éléments : un dolmen et les vestiges de son tumulus.

Pour bien comprendre l’importance du site, rappelons d’abord ce que sont ces structures.

Un dolmen est une chambre funéraire collective, souvent composée de grandes dalles de pierre dressées et recouvertes d’une table de pierre. Son nom vient du breton dol (table) et men (pierre).

Intérieur du dolmen

Un tumulus est un tertre, une colline artificielle de terre et de pierres, qui recouvrait le dolmen pour former un monument plus imposant, visible de loin. 

Tumulus

Érigé sur un socle calcaire, le dolmen de Barbehère se présente comme une chambre funéraire collective, entourée d’un tumulus oblong de 20 mètres de long. Ce tumulus, constitué d’argile sableuse et de blocs calcaires, servait à recouvrir et protéger les sépultures. Bien que son toit ait disparu, l’édifice conserve une aura mystérieuse, comme si les pierres elles-mêmes murmuraient les récits des anciens.

Découvert par Jean-Bapiste Gassies en 1875. Il a été fouillé au milieu du XIXe siècle, il a révélé des indices précieux sur les populations qui vivaient ici. Une opération de sauvetage est menée par André Coffyn entre 1988 et 1991. L’édifice sera restauré en 2008 par la municipalité. Le dolmen, bien que partiellement détruit au fil du temps, est encore bien visible. Il se compose d’une allée couverte et d’une chambre funéraire où l’on a retrouvé des ossements humains, témoignant de son utilisation comme sépulture collective. Pendant les dernières fouilles effectuées  environs 2000 dents humaines ont été retrouvées ainsi que des logettes contenant des crânes et des ossements prouvant que le monument a servi d’ossuaire.

Les fouilles ont également mis au jour des objets funéraires, tels que des outils en silex, des fragments de poteries et des perles, qui accompagnaient les défunts dans l’au-delà. Ces artefacts nous aident à reconstituer le quotidien et les croyances de ces premières sociétés d’agriculteurs et d’éleveurs.

L’accès au site est libre et permet de toucher du doigt l’histoire lointaine de cette région. En se tenant près de ces vieilles pierres, on ne peut s’empêcher de s’imaginer les gestes, les rites et les vies des hommes et des femmes qui ont bâti ce monument il y a des millénaires, bien avant que les Romains ne plantent les premières vignes sur le territoire medocain.

Alors, la prochaine fois que vous passerez par Saint-Germain-d’Esteuil, laissez-vous tenter par une petite escale hors du temps. C’est une façon unique de voir le Médoc sous un angle résolument différent : celui de la préhistoire !

Panneau expliquatif du site.

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